Quel tableau choisir pour un salon ? Les conseils de décorateurs pour éviter les erreurs

Le canapé est choisi, le tapis installé, les luminaires posés… et il reste ce grand mur vide qui donne au salon une impression d’inachevé. Le tableau arrive alors souvent en dernier, comme une touche finale. Pourtant, plusieurs décorateurs défendent aujourd’hui exactement l’approche inverse : l’art peut devenir le point de départ d’un intérieur.

La décoratrice britannique Natalie Jahangiry l’explique dans Ideal Home : « Artwork is so important in a home ». Selon elle, l’art est souvent considéré comme une finition alors qu’il peut profondément modifier la manière dont une pièce est ressentie.

Reste à choisir la bonne œuvre. Dimensions, couleurs, emplacement ou style : voici les principaux repères pour éviter qu’un tableau magnifique sur écran ne paraisse soudain minuscule une fois accroché dans le salon.

Le tableau peut devenir le point de départ de la décoration

Il existe deux manières d’aménager un salon.

La première consiste à choisir chaque élément puis à chercher, à la fin, quelque chose qui puisse remplir le mur restant. La seconde consiste à intégrer l’œuvre beaucoup plus tôt dans la réflexion.

Cette approche est particulièrement intéressante lorsqu’on souhaite donner une personnalité forte à une pièce.

Dans un appartement new-yorkais publié par Architectural Digest, le designer Jarvis Wong explique avoir construit la palette du salon autour d’une peinture de l’artiste français Marcel Mouly. Taupe, gris clair, enduit mural texturé et tapis en soie ont ensuite été sélectionnés en dialogue avec l’œuvre.

L’idée mérite d’être retenue : un tableau n’a pas nécessairement à s’adapter à une décoration déjà terminée. La décoration peut aussi se construire autour de lui.

Dans un salon blanc, beige ou gris, une œuvre colorée peut ainsi devenir le point de départ des quelques touches de couleurs reprises ensuite sur un coussin, un fauteuil ou un objet.

Au-dessus du canapé, la première erreur reste la taille

C’est probablement le cas le plus fréquent : un grand canapé de deux mètres ou davantage surmonté d’un tableau beaucoup trop petit.

L’œuvre semble alors flotter au milieu du mur.

Pour éviter cet effet, la règle dite des deux tiers constitue un bon repère. L’artiste britannique Nicola Briggs, qui travaille notamment sur des peintures grand format, recommande ainsi qu’une œuvre ou un ensemble d’œuvres représente approximativement deux tiers de la largeur du canapé.

Pour un canapé de 210 cm, cela correspond à une composition d’environ 140 cm de large. Il ne s’agit évidemment pas d’une règle mathématique à respecter au centimètre près, mais d’une proportion utile avant l’achat.

La taille doit également être pensée en fonction du recul disponible. Une œuvre imposante sera généralement beaucoup plus facile à intégrer dans un salon offrant plusieurs mètres de perspective que dans un espace très étroit.

Avant de percer le mur, une astuce fonctionne particulièrement bien : matérialiser les dimensions envisagées avec du ruban de masquage. Le résultat permet immédiatement de voir si le format paraît cohérent.

Faut-il vraiment assortir le tableau au canapé ?

C’est l’une des questions les plus fréquentes… et probablement l’une de celles qu’il faudrait moins se poser.

Dans une interview consacrée à la relation entre décoration et art publiée par ELLE Decor, le designer américain Billy Cotton résume son approche ainsi : « Art is so personal. »

Il met notamment en garde contre une décoration construite trop littéralement autour d’une œuvre, au risque de transformer celle-ci en simple accessoire décoratif.

La designer Danielle Colding va même plus loin dans le même article. Elle apprécie qu’une pièce conserve une certaine tension et estime qu’un intérieur dans lequel rien ne semble légèrement décalé peut devenir trop parfait.

Autrement dit : inutile de rechercher dans le tableau exactement le beige du canapé ou le vert des coussins.

Une solution plus subtile consiste à créer des rappels. Une couleur secondaire de l’œuvre peut réapparaître ailleurs dans la pièce sans devenir dominante. À l’inverse, un tableau très coloré peut parfaitement fonctionner dans un salon presque monochrome précisément parce qu’il crée une rupture.

Une œuvre forte ou plusieurs petits cadres ?

Les deux solutions peuvent fonctionner, mais elles ne produisent pas le même effet.

Une composition de petits cadres permet d’accumuler photographies, illustrations et souvenirs. Elle donne généralement une atmosphère plus éclectique et personnelle.

Une grande œuvre unique crée davantage de silence visuel. Elle définit immédiatement un point focal et permet de laisser respirer le mur autour d’elle.

C’est particulièrement efficace dans les intérieurs contemporains où le mobilier possède déjà des lignes fortes.

Mais attention aux règles trop rigides. Même la question de l’échelle peut être détournée volontairement. Danielle Colding rappelle ainsi dans ELLE Decor que « Scale can enhance the story » : les proportions peuvent participer à la narration d’un intérieur et même créer une surprise.

Le choix dépend donc de l’effet recherché. Un paysage panoramique peut accompagner horizontalement un grand canapé tandis qu’un portrait vertical volontairement imposant produira une tension beaucoup plus spectaculaire.

Abstrait, paysage, Pop Art : quel style fonctionne dans un salon ?

Aucun style n’est universellement supérieur.

Dans un intérieur aux matières naturelles et aux couleurs douces, un paysage contemporain ou une abstraction organique prolongera facilement l’atmosphère. Dans un salon très épuré, une œuvre graphique peut au contraire apporter le contraste qui manque à la pièce.

Le Pop Art et le Street Art fonctionnent particulièrement bien lorsqu’on souhaite transformer le tableau en point focal. Les portraits et personnages revisités introduisent quant à eux une présence plus narrative.

Le noir et blanc reste une solution intéressante dans les intérieurs déjà très colorés : plutôt que d’ajouter une nouvelle palette, il travaille essentiellement sur le contraste.

Le plus important est probablement d’éviter de sélectionner une œuvre uniquement parce qu’elle correspond à une tendance.

L’architecte d’intérieur Tino Zervudachi résumait bien cette question de personnalité dans Architectural Digest : « If an interior doesn’t reflect the person who lives in it, the home becomes a showpiece. »

Un intérieur peut donc être parfaitement coordonné et malgré tout manquer de personnalité.

Horizontal, vertical ou carré : regarder d’abord l’architecture

Au-dessus d’un canapé, le format horizontal semble souvent naturel parce qu’il accompagne les lignes du meuble. Il donne une sensation de stabilité et peut visuellement élargir la pièce.

Un format vertical attire davantage le regard vers le haut. Il trouve facilement sa place sur un mur étroit, entre deux ouvertures ou dans une pièce possédant une hauteur sous plafond importante.

Le carré offre une lecture plus graphique. Un grand tableau carré placé seul au centre d’un mur peut devenir particulièrement efficace avec un portrait ou une composition abstraite.

L’erreur serait donc de choisir systématiquement le même format : c’est la forme de l’espace disponible qui doit guider l’orientation de l’œuvre.

La personnalité compte davantage que la perfection

La tendance des dernières années aux intérieurs extrêmement coordonnés a parfois produit des pièces impeccables… mais relativement interchangeables.

L’art permet justement d’échapper à cette impression.

Natalie Jahangiry conseille ainsi dans Ideal Home de ne pas trop se demander si une œuvre « va » parfaitement avec le reste. Couleur, taille et emplacement ont évidemment leur importance, mais elle recommande surtout de choisir une œuvre parce qu’elle provoque quelque chose lorsqu’on la regarde.

C’est aussi pourquoi les tableaux représentant un lieu aimé, une référence culturelle, un animal, un personnage ou un univers artistique particulier peuvent être plus intéressants à long terme qu’une œuvre sélectionnée uniquement pour correspondre à la couleur du tapis.

Cette recherche d’un intérieur plus personnel explique également le développement de studios français spécialisés dans des collections très différentes. Pour explorer ces univers, Iconik-Art propose une sélection de tableaux pour salon allant de l’abstraction aux paysages, en passant par le Pop Art, les portraits ou des créations plus minimalistes, disponibles dans plusieurs formats et sur différents supports.

Le bon tableau n’est finalement pas celui qui respecte toutes les règles

Proportions, hauteur, palette et orientation constituent d’excellents repères. Ils permettent surtout d’éviter les erreurs évidentes : tableau perdu sur un immense mur, œuvre accrochée trop haut ou accumulation disproportionnée.

Mais les intérieurs les plus intéressants savent également s’éloigner de ces règles.

Une petite œuvre peut volontairement être isolée sur un grand mur. Un tableau très coloré peut apparaître dans une pièce totalement neutre. Une œuvre verticale peut casser l’horizontalité d’un canapé.

C’est même souvent cette légère imperfection qui donne du caractère à une décoration.

Avant de choisir un tableau pour son salon, trois questions peuvent donc suffire : ses dimensions sont-elles cohérentes avec le mur ? Crée-t-il le niveau de contraste recherché ? Et surtout, aurait-on envie de le conserver même si le canapé ou la couleur des murs changeaient dans quelques années ?

Si la réponse à cette dernière question est oui, le choix est probablement déjà bien avancé.

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